De la mobilité dans la pratique de l’Aikido et de l’Aikishintaiso.

Lorsque le sabre descend du ciel, il ne me semble y avoir que deux possibilités : la mobilité et la vie ou l’immobilité et la mort. Au niveau symbolique, bien entendu, car l’éthique et le cadre du tatami nous préservent de cette extrémité. Dans la nature, il en est autrement : un torrent qui s’écoule mal est voué à disparaître, un animal réduit à l’immobilité est vite condamné.

Par la répétition des gestes, l’aikido nous apprend à mobiliser notre corps et notre énergie pour agir. L’aikishintaiso nous apprend à dissocier les parties de notre corps et notre esprit ; à le rendre libre quand une douleur apparaît, à ne pas le laisser s’y enfermer.

La souffrance me semble souvent liée à une absence de mouvement : c’est lorsque qu’aucun chemin ne semble empruntable que la souffrance apparaît. Et pourtant, il suffit souvent de faire un pas et de porter son regard ailleurs pour voir l’espace qui nous est offert. Le conflit se cristallise toujours dans cet espace restreint qui se situe entre nous et l’autre, ou entre ce que nous sommes vraiment et ce que nous croyons montrer. Se mobiliser, c’est donner à son corps et à son esprit l’espace nécessaire qui permet de prendre un autre point de vue sur la situation et ainsi de l’objectiver. Vous avez sans doute déjà fait ce travail où, saisi en Yonkyo par les deux bras, la première réaction est de se raidir et de ne percevoir aucun échappatoire. Et pourtant, vos mains sont libres, vos poignets sont libres, vos coudes sont libres, vos épaules sont libres, votre bassin est libre… mais qu’en est-il de votre esprit ?

La mobilité dans la pratique, vous la vivez déjà à chaque attaque, vous la travaillez sur chaque posture. C’est un premier pas qui ne demande qu’à grandir.

Une autre mobilité est possible : celle qui vous conduit à vous confronter à d’autres altérités. Les occasions sont nombreuses de se mobiliser pour rencontrer d’autres pratiquants, dans la région où de nombreuses possibilités de pratique sont offertes, ou à l’extérieur, en France comme à l’étranger. C’est l’occasion d’expérimenter, de se mettre à l’épreuve et de rencontrer d’autres pratiques, langues, cultures et individus. Je ne saurais que vous inviter à faire ce pas!